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Faut-il investir en plafond 10 700 euros à Blois en 2026 ?

Le déficit foncier plafonné à 10 700 euros par an reste l'un des rares leviers fiscaux non plafonnés par les niches. À Blois, avec des prix au m² autour de 2 000 euros et un parc ancien à rénover, la mécanique fonctionne, à condition de viser les bons biens. Analyse chiffrée à partir d'un projet Edilos réel.

Marvin Mouton··Mis à jour le ·8 min de lecture
Faut-il investir en plafond 10 700 euros à Blois en 2026 ?

Oui, investir en visant le plafond de 10 700 euros de déficit foncier à Blois conserve tout son intérêt en 2026, à condition de réunir trois conditions : disposer de revenus fonciers existants ou d'une tranche marginale d'imposition d'au moins 30 %, acheter un bien ancien dont la part travaux représente au minimum 30 à 40 % du budget total, et accepter une location nue pendant trois ans après l'imputation. Blois offre un parc ancien abondant, des prix d'acquisition contenus et une demande locative soutenue par les étudiants et les jeunes actifs. En revanche, le doublement temporaire du plafond à 21 400 euros pour les travaux de rénovation énergétique ne concernait que les dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025 : en 2026, vous revenez au plafond classique de 10 700 euros.

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Le plafond de 10 700 euros : rappel du mécanisme

Le déficit foncier naît lorsque vos charges déductibles (travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration, intérêts d'emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion) dépassent vos loyers encaissés en location nue.

La fraction du déficit issue des travaux s'impute sur votre revenu global dans la limite de 10 700 euros par an. Le surplus reste reportable sur vos revenus fonciers des dix années suivantes. La part provenant des intérêts d'emprunt, elle, ne s'impute jamais sur le revenu global.

Concrètement, pour un investisseur imposé à 41 % avec 17,2 % de prélèvements sociaux, une imputation de 10 700 euros représente environ 4 400 euros d'économie d'impôt sur une seule année. Répétée sur trois à quatre exercices grâce au report, l'économie cumulée dépasse fréquemment 15 000 euros. Nous détaillons cette mécanique dans notre guide du déficit foncier appliqué à une ville moyenne.

La contrepartie : l'engagement de location nue

L'imputation sur le revenu global est définitivement acquise si le logement reste loué nu jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'imputation. Un passage prématuré en meublé ou une revente anticipée entraîne la remise en cause de l'avantage. C'est la principale différence avec une stratégie LMNP en location meublée, qui joue sur l'amortissement plutôt que sur l'imputation.

Blois en 2026 : ce que dit le marché

Blois, préfecture du Loir-et-Cher, compte environ 45 000 habitants et près de 105 000 sur son agglomération. La ville accueille un pôle universitaire (INSA Centre Val de Loire, IUT, écoles paramédicales) représentant plusieurs milliers d'étudiants, ainsi qu'un tissu d'emplois tertiaires et industriels stable.

Les points saillants pour un investisseur :

  • Prix d'acquisition modérés : l'ancien se négocie majoritairement entre 1 700 et 2 400 euros du m² selon le quartier, avec des décotes significatives sur les biens à rénover.
  • Parc ancien important : centre historique, quartiers Vienne et Gare, immeubles d'avant 1949 souvent énergivores, donc éligibles à des programmes de travaux lourds.
  • Loyers de sortie : de l'ordre de 9 à 11 euros du m² en location nue, davantage en colocation meublée.
  • Contrainte réglementaire : les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025, ce qui alimente l'offre de biens décotés et renforce la logique travaux.

Cette configuration, prix bas et travaux élevés, est exactement celle qui maximise le déficit foncier. Elle se retrouve dans plusieurs villes moyennes analysées dans notre dossier sur les prix au m² des villes moyennes.

Un exemple chiffré issu d'un projet Edilos

Pour raisonner sur des données réelles, prenons un projet accompagné par Edilos à Troyes, ville dont le profil (préfecture d'environ 60 000 habitants, patrimoine ancien dense, présence étudiante) se rapproche de celui de Blois.

  • Ville : Troyes
  • Stratégie : colocation
  • Budget global : 422 217 euros, tous frais inclus (acquisition, travaux, honoraires, ameublement)
  • Rendement net projeté : 4,6 %

Sur ce type d'opération, un budget de 422 217 euros génère environ 19 400 euros de revenus nets annuels après charges, taxe foncière, gestion et provisions. La part travaux, généralement comprise entre 110 000 et 140 000 euros sur ce format, constitue le réservoir de charges déductibles.

Traduit en fiscalité : les travaux permettent d'absorber la totalité des loyers fonciers pendant plusieurs exercices, d'imputer 10 700 euros par an sur le revenu global, puis de reporter le solde. Un investisseur à 41 % de tranche marginale efface ainsi, sur quatre à cinq ans, une charge fiscale souvent supérieure à 25 000 euros.

Transposé à Blois, où les prix au m² sont inférieurs de 15 à 25 % à ceux de villes comme Reims ou Nancy, un projet comparable se situerait plutôt entre 260 000 et 340 000 euros pour un appartement familial ou une petite maison de ville reconfigurée. Le mécanisme fiscal reste identique, avec un ticket d'entrée plus accessible. Ces chiffres sont des projections indicatives : ils dépendent du bien, du coût réel des travaux et de votre situation fiscale personnelle.

Attention au cumul colocation et déficit foncier

Un point mérite d'être clarifié : la colocation meublée relève des bénéfices industriels et commerciaux, donc du LMNP, et non des revenus fonciers. Le déficit foncier suppose une location nue. Une colocation peut parfaitement être louée nue avec un bail unique ou des baux individuels, mais vous perdez alors l'amortissement. Le choix se fait au cas par cas, comme nous l'expliquons dans notre comparatif LMNP ou location nue en 2026.

Pour quel profil d'investisseur ?

Le montage est pertinent si :

  • vous percevez déjà des revenus fonciers imposés, issus d'un autre bien nu ou d'une SCI à l'impôt sur le revenu ;
  • votre tranche marginale atteint 30 %, et idéalement 41 % ;
  • vous recherchez un effet fiscal rapide, dès la première déclaration suivant le paiement des travaux ;
  • vous acceptez une détention longue, la revente prématurée annulant le bénéfice.

À l'inverse, un investisseur faiblement imposé ou sans revenus fonciers tirera davantage de valeur d'une stratégie meublée ou d'un dispositif de réduction d'impôt comme la loi Denormandie, dont Blois fait partie des communes potentiellement concernées au titre des conventions de revitalisation.

Les points de vigilance à Blois en 2026

Trois écueils reviennent systématiquement. D'abord, la qualification des travaux : seules les dépenses d'entretien, de réparation et d'amélioration sont déductibles. Une reconstruction, un agrandissement ou une surélévation ne le sont pas, et une facture globale non détaillée expose à un redressement.

Ensuite, le micro-emplacement. À Blois, l'écart de liquidité entre le centre historique, les abords de la gare et certains quartiers périphériques est important. Un rendement affiché sur le papier ne vaut rien sans locataire durable.

Enfin, le budget réel d'entrée. Les frais d'acquisition dans l'ancien représentent environ 7 à 8 % du prix : notre page dédiée aux frais de notaire détaille leur calcul. Ils ne sont pas déductibles en foncier lorsqu'ils portent sur l'acquisition.

Verdict

Blois coche les cases d'une opération en déficit foncier réussie : prix d'acquisition raisonnables, parc ancien à rénover, demande locative réelle et absence de survalorisation spéculative. Le plafond de 10 700 euros y devient un accélérateur de rentabilité nette, à condition de bâtir le projet autour d'un chiffrage de travaux sincère et d'un emplacement liquide. Vous pouvez comparer ce territoire à d'autres marchés analysés dans notre rubrique où investir.

Questions fréquentes

Le plafond de déficit foncier est-il toujours de 10 700 euros en 2026 ?

Oui. Le plafond d'imputation sur le revenu global reste fixé à 10 700 euros par an. Le doublement exceptionnel à 21 400 euros visait uniquement les travaux de rénovation énergétique permettant à un logement classé E, F ou G d'atteindre au moins la classe D, pour des dépenses payées jusqu'au 31 décembre 2025.

Peut-on cumuler déficit foncier et location en colocation à Blois ?

Oui, mais uniquement en colocation nue. Dès lors que le logement est meublé, les revenus basculent en bénéfices industriels et commerciaux et le déficit foncier ne s'applique plus. Une colocation nue reste possible à Blois compte tenu de la population étudiante, avec un loyer légèrement inférieur au meublé.

Combien faut-il investir à Blois pour saturer le plafond de 10 700 euros ?

Il faut principalement dimensionner la part travaux. Un budget travaux d'environ 60 000 à 80 000 euros suffit généralement à générer plusieurs années d'imputation au plafond, une fois les loyers absorbés. Sur un projet comparable à celui suivi par Edilos à Troyes (422 217 euros, 4,6 % net), la part travaux dépasse 110 000 euros et alimente le report sur dix ans.

Que se passe-t-il si je revends le bien avant trois ans ?

L'administration remet en cause l'imputation pratiquée sur le revenu global : vos revenus des années concernées sont recalculés sans déficit, avec rappel d'impôt et intérêts de retard. Le bien doit rester loué nu jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant l'année d'imputation.

Sources

MM

Marvin Mouton

Co-fondateur & Associé, supervise la rédaction Edilos

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